ARCHIVES D'ARTICLES

Langue: FRANÇAIS

José (Pepe) Alonso : un sillage de lumière

Pepe Alonso, chef de l’entreprise EdeC « La Minière » à Séville, nous a quittés le 20 mai dernier.

De Elena Bravo et Isaías Hernando

Pepe Alonso ridQuand un ami s’en va,
il part en laissant un sillage
qui ne peut s’effacer…

Ce sont les paroles d’une « sevillana », chanson et danse populaire très connue de Séville, que Pepe Alonso aura dansé des dizaines de fois, avec son entrain habituel, lui qui savait vivre la fête dans tout ce qu’elle a d’authentique et de profond.
C’est vraiment un sillage de lumière que Pepe a laissé derrière lui, comme en témoigne fort bien un de ses collaborateurs dans l’entreprise : « pour moi Pepe a été une lumière aussi bien dans les jours de soleil que dans les jours sombres. Toujours attentif à tout le monde, s’intéressant aux autres… plein de force et d’entrain, de vie en plénitude. Son sourire s’est imprimé dans mon esprit : il rayonnait de Lumière. »

C’est aussi ce qu’a souligné Luigino Bruni dans son message en tant que responsable international de l’EdeC, soulignant que « la nuit de celui qui donne sa vie pour l’Idéal n’a pas d’obscurité », et nous invitant tous à suivre l’exemple de Pepe, qui a vécu sa vie comme « une histoire d’amour entre ciel et terre » ; vraiment comme l’EdeC.

Pepe était né il y a 49 ans dans une famille nombreuse et profondément religieuse. En 1985 il connaît Ana, qui deviendra vite son épouse et avec laquelle il aura deux enfants : Nacho et Javier. En même temps il connaît Chiara Lubich et le Mouvement des Focolari auquel il adhère pour contribuer à construire partout la fraternité.

Quand Chiara lance l’EdeC en 1991, Pepe ressent l’attrait de cette proposition, de ce combat contre l’injustice et l’inégalité en suscitant des entreprises qui partagent leurs bénéfices au profit des démunis, notamment en créant des emplois. Idée belle, mais utopique peut-être ? Pepe participe à des rencontres et à des congrès sur le projet de l’EdeC. Entre temps il perd son travail dans une compagnie internationale. C’est le signal attendu pour changer de vie et répondre à l’appel prophétique de Chiara. Ensemble avec Elena Bravo, qui ressent elle aussi l’attrait de l’EdeC, et avec leurs conjoints respectifs, Ana et Miguel, Pepe se lance dans un projet entrepreneurial social : un centre de jour pour des personnes âgées de la ville de Dos Hermanas, près de Séville.La Miniera 04 rid

C’est un projet complexe pour qui n’a pas d’expérience dans ce domaine : deux années passent à surmonter des obstacles, à étudier la faisabilité du projet, à chercher le meilleur emplacement, à construire le centre. Son indemnité de chômage échoit sous peu et l’accord avec la région tarde à venir… C’est la dernière épreuve de confiance : il n’y a plus d’argent… mais le lendemain même l’accord est signé. Et le 20 mai 2003 La Miniera ouvre ses portes aux premières 25 personnes âgées.

Le même jour exactement, dix ans plus tard, Pepe part pour le Paradis. Coïncidence trop claire pour n’être due qu’au hasard. Désormais l’anniversaire de la Minière sera aussi l’anniversaire de la renaissance de Pepe à une autre vie.

En octobre 2012 est diagnostiquée une tumeur au cerveau, accueillie et vécue avec grande foi et espérance, dans un « tu à tu » avec Dieu où Pepe ne perd pas son typique sens de l’humour.

Logo La Miniera rid

Ces derniers mois ont été un creuset où l’amour mutuel – surtout en famille – est devenu toujours plus pur et beau. Qui a eu la possibilité de rencontrer la famille de Pepe est resté vraiment édifié par le témoignage de l’amour vécu au quotidien jusqu’à la fin, dans l’intensité du moment présent, chacun faisant toute sa part pour construire la famille.

Tous à la minière se rappellent une des dernières visites de Pepe, à peine deux mois avant son départ, quand il a voulu cuisiner un riz brun pour fêter avec tous sa propre fête. Par son accueil, sa bonté, sa spontanéité et sa sympathie, Pepe a conquis beaucoup de cœurs.
Des centaines de personnes sont venues lui dire un dernier adieu, et de très nombreux messages sont arrivés, dont certains vraiment touchants : « je voudrais mourir come Pepe », « il nous a donné une grande leçon de vie », « pour chacun il avait quelque chose de spécial, d’unique », « il nous reste sa joie, sa manière de créer la famille », « on pouvait toujours l’approcher et lui raconter nos problèmes », « maintenant Pepe appartient à tous », « l’EdeC a un nouveau protecteur », « il était enthousiaste, créatif… », « il pensait toujours à de nouveaux projets, de nouvelles activités… »

Des projets qu’on pourrait penser brisés par son départ, mais qu’au contraire ses associés porteront de l’avant avec de nouvelles forces et la conscience de travailler sur une base plus solide et profonde : « avec ce frère, qu’il était si facile d’aimer, nous avons risqué même notre patrimoine familial pour un rêve, mais un rêve tangible, réalisable, un rêve en acte : une prophétie. »

Pour connaître mieux Pepe Alonso nous invitons nos lecteurs à relire l’interview de Maria Voce à l’occasion de sa visite à La Minière en 2011.

Image

ARCHIVES D'ARTICLES

Langue: FRANÇAIS

LIVRES, ESSAIS & Media

Langue: FRANÇAIS

Filtrer par Catégories

© 2008 - 2022 Economia di Comunione (EdC) - Movimento dei Focolari
<>creative commons Questo/a opera è pubblicato sotto una Licenza Creative Commons . Progetto grafico: Marco Riccardi - edc@marcoriccardi.it